Sous chapitre 2 : Conscience morphologique et conscience phonologique

Conscience morphologique et conscience phonologique

Les objectifs du cours

L’étudiant sera capable de :

-  Connaitre la conscience phonologique et morphologique.

-  Comprendre les caractéristiques de la conscience morphologique et celles de la conscience phonologique.

-  Déterminer la relation entre de la conscience morphologique et celles de la conscience phonologique.

-  Différencier entre les caractéristiques de la conscience morphologique et celles de la conscience phonologique.

Introduction

Toutes les langues du monde sont composées de plusieurs structures, phonologique, morphologique, syntaxique, lexicale et sémantique. Et la majorité de ses langues ont plusieurs formes d’expression, orale et écrite.

L’être humain est spécifiquement caractérisé par l’utilisation du langage pour communiquer ses idées, sentiments, et les émotions et lui facilite l’intégration socioculturelle dans sa communauté. Pour cela il est indispensable de comprendre comment acquérir et apprendre ce langage dans ces deux forme orale et écrite par l’enfant dès sa première enfance dans son milieu familiale et scolaire. A cet effet le langage écrit à des spécificité par apport au langage orale, car sur le processus cognitif et les stratégies mis en œuvre sont différentes. Mais les deux fonctionnent dépendamment des compétences de la conscience phonologique et morphologique. Car il est remarquable 

« Bien que ces formes (orale et écrite) soient souvent associées à des registres différents, les mots écrits évoquent, chez les personnes lettrées, leur prononciation. Dans les langues alphabétiques, cette évocation passe, du moins au début de l’apprentissage de la lecture, par le jeu des correspondances entre les phonogrammes 1 et les phonèmes 2 ». Sachant que l’évocation nécessite un système de représentation différencier des phonèmes qui s’apprend lentement et progressivement pendant la scolarisation, et son déficit provoque des difficultés d’apprentissage de la lecture et l’écriture. C’est ce que nous allons présenter dans ce deuxième sous chapitre la définition de conscience phonologique, son développement, son exposition à la langue parlée et à la langue écrite, et sa relation avec l’apprentissage de la lecture et l’écriture, et comment contribues à la prévention des difficultés d’apprentissage. Pour la conscience morphologique, on va présenter sa définition, son développement. Sa relation avec l’apprentissage de la lecture et l’écriture.

Définition

1- Le phonogramme : désigne la plus petite unité graphique pour transcrire les phonèmes.

2- Le phonème : désigne la plus petite unité segmentale de la langue parlée .[1]

Exemple

Les phonogrammes pour le français comme ; Des petite unité qui sont formé par une seul lettre tel que :[f- o- u- y ] ou de plusieurs lettre tel que [ph - eau]

En Arabe tel que [ أ – ب – ج -]

Le phonème pour le français comme : le mot bac comprend trois phonèmes [b] + [a] + [k]. ibid

La définition des concepts 

Définition de la conscience phonologique :

Il existe plusieurs définitions qui détermine le sens de la conscience phonologique, parmi ces définitions les suivantes:

« La conscience phonologique est la conscience que les mots sont composés de phonèmes ou de sons. En français, il existe environ 36 phonèmes qui peuvent être agencés pour former n’importe quel mot de la langue. »  .[2]

  « La conscience phonologique fait référence à la capacité d’identifier les unités segmentales de la parole et de les manipuler mentalement et délibérément » .[1] 

  Cela dit que « la conscience phonologique permet de percevoir, de découper et de manipuler les unités sonores du langage telles que la syllabe, la rime et le phonème. » .[2]

 Ce qui attire l’attention de plus c’est que la conscience phonologique est une compétence perceptuelle qui facilite la reconnaissance et d’identification des petites unités ou segment du langage et favorise l’apprentissage de la lecture et l’écriture. Car le traitement cognitif des correspondances entre les unité phonologiques et morphologique sont à l’origine du processus d’apprentissage de la lecture. Ainsi on prut dire que « l’élément d’aptitude le plus rapproché de l’acquisition de la lecture et de l’écriture est la prise de conscience de la façon dont les mots sont segmentés en leurs plus petites unités sonores, soit les phonèmes »[3]

  Alors la conscience phonologique est une représentation de la langue orale comme une séquence de segments tel que, les syllabes, la rime et le phonème.

Exemple

Syllabe : dans le mot cadeau est composé de [ca] et [deau] et les syllabes sont plus saillante que les petites unités. 

Rime : dans [joie/flamboie - défend/enfant - universelle/ruisselle] 

Le Phonème ; dans la lettre f correspond au phonème ffff (la manière dont elle chante)  .[4]

Définition de la conscience morphologique 

Parmi la définition les plus réputée lé définition de Carlisle (1995,200) cité par Marcelle Izabelle Taverne 2017 ; C’est la capacité de réfléchir et d’analyser la structure interne des mots en unité de sens (morphèmes) et de manipuler explicitement cette structure interne » .[5]

 Elle est définie aussi comme suit : « c’est la compréhension que peut avoir l'individu de la structure des mots en tant que combinaisons d'unités significatives qui les composent et d'en appréhender le sens global à partir des morphèmes ».ibid

En éducation il est défini comme suit : « Ce terme englobe les connaissances, les habiletés de manipulation et la capacité à réfléchir sur les plus petites unités qui compose les morphèmes, souvent connus sous des appellations plus spécifiques comme les racines, les préfixes et les suffixes[6]

Exemple

 Exemple sur la conscience morphologique ;« un élève qui a développé sa conscience morphologique est capable de reconnaitre dans le mot innombrables le préfixe in–, la racine nombr–, le suffixe dérivationnel –able, et le suffixe flexionnel –s. »  ibid

Remarque

On remarque que la conscience morphologique se focalise sur la structure des mots combiné, ce qui aide l’enfant à déterminer leurs sens et comprendre les textes lus et écrire des phrases ou paragraphes avec des sens bien déterminer. Ces compétences se développent généralement pendant l’école maternelle et l’école primaire sous forme d’activité de conscience morphologique.      

La conscience phonologique 

Pourquoi il est important de développer la conscience phonologique précocement ?

Le développement de la conscience phonologique est très nécessaire précocement puisqu’elle est la pierre angulaire de l’apprentissage de la lecture et l’écriture.

Elle est parmi les prérequis qui améliore l’apprentissage de la lecture et l’écriture. 

Elle prévient les difficultés d’apprentissage de la lecture et l’écriture, car elle permet à l’enfant d’acquérir le principe alphabétique. Ibid. 

« Une intervention précoce sur le plan de la conscience phonologique est essentielle pour nos jeunes afin de les préparer aux apprentissages qu’ils auront à faire en première année ». ibid

Attention

La conscience phonologique n’est pas une méthode de lecture. Elle n’est donc pas à confondre avec la méthode syllabique. La conscience phonologique est la conscience que les mots sont composés phonèmes ou de sons.

Le développement de la conscience phonologique 

La conscience phonologique est liée directement à l’apprentissage de la langue parlé au milieu scolaire. Mais celle-ci se base sur les acquis de la langue maternelles car l’enfant communique, exprime ses idées, sentiments et ambitions avec des phrases des mots qui convient qui sont constitués par des sons, syllabes et des rimes sans qu’il le sache directement, et d’ailleurs il aime bien le jeu des mots pendant sa petite enfance. Compétences[7] sont des éléments de base pour l’apprentissage de la lecture.

Le rôle des prés requis en langue maternelle

L’enfant ne vient pas à l’école comme une feuille blanche, mais au contraire il a des acquis langagiers (registre linguistique) et cognitifs avec sa langue maternelle très importante pour son apprentissage d’autres langues à l’école. En effet l’utilisation et la reconnaissance des mots qui font partie de son vocabulaire acquis pendant sa socialisation par la langue maternelle sont considéré comme une forme de conscience implicité .[1] Et celle-ci est qualifié comme première étape ou facteur du développement de la conscience phonologique, qui sera mise en œuvre à l’école par des activités et exercices opportuns.

En l’occurrence, « Culioli9 propose le terme épi linguistique pour désigner ce premier niveau de compétence phonologique ou cette forme de conscience implicite. Pour hausser ce niveau de compétence au plan métalinguistique ou à celui d’une conscience explicite, l’enfant doit démontrer qu’il peut traiter les unités segmentales de la parole de manière réfléchie et délibérée » [8] .[8]  

Le deuxième facteur ; c’est l’exposition à la langue parlée

Il est évident que l’apprentissage sociale comme l’indique Bandura tel que l’exposition quotidienne au langage oral fait progresser et enforcer les acquis langagiers de l’enfant et surtout son vocabulaire. A ce propos «  Metsala et Walley avancent l’idée que l’expansion progressive du vocabulaire oral chez l’enfant constitue un autre facteur qui le force à opérer des différenciations phonologiques de plus en plus fines ». Car l’enfant aura l’opportunité et les compétences qui lui permet de faire des représentations distinctement les mots qui se ressembles tel ; [les mots qui se ressemblent tels les paires minimales (ex. roche et poche ; lit et riz ; lampe et rampe ; tête et tête).] ibid.

Cette exposition prolongé et durable dans le temps favorise l’enfant à reconnaitre et à découvrir de plus en plus les compositions des mots, le rôle du rythme et la fluidité des énoncés et le parlé dans la compréhension et l’apprentissage du langage orale et écrit.    

Le troisième facteur c’est l’exposition à la langue écrite

les chercheurs comme Morais et ses collaborateurs affirme que l’exposition à la langue parlée ne suffit pas pour développer la compétence de différenciation des unités phonémique des mots. Car « ils montrent que les adultes illettrés éprouvent beaucoup plus de difficultés que les adultes lettrés à ajouter ou à retirer une consonne en position initiale d’un mot oral » .[1] De plus, ils ont remarqué que « ces adultes illettrés obtiennent des scores nettement supérieurs dans les épreuves de détection et d’élision syllabiques que dans les épreuves de détection et d’élision phonémiques. Ces différences entre les individus lettrés et illettrés sont attribuées à l’influence que peut exercer le code alphabétique sur la différenciation des phonèmes correspondants ». ibi. Ce qui prouve le rôle des techniques d’apprentissage par les programmes de sensibilisation phonologique avec l’appui des apprentissages des lettres et l’alphabet dans le développement de la conscience phonologique.    

Le quatrième facteur c’est le rôle de du milieu socio-économiques

Plusieurs études ont démontré le rôle du milieu socio-économique pour le développement du langage orale et écrite. Car G. W. Evans (2004), a confirmé que les familles ou les nombre de livre disponible et réduit ne favorise pas leurs enfants à développer leurs vocabulaire et langage. « De plus, les parents investissent moins d’heures par semaine à lire avec leurs jeunes enfants, ils sont moins portés à leur enseigner les lettres de l’alphabet et ils sont moins engagés dans les activités associées à la scolarisation de leurs enfants ») .[9]  

Nous constatons que la conscience phonologique dépend toujours des opportunités d’exposition au langage orale et écrite pendant les étapes du développement dès la naissance, ainsi à la richesse du bain linguistique et les situations de communications et d’interactions au milieu familial et sociale. Ce qui détermine les facteurs qui influent sur le développement de la conscience phonologique. On peut ajouter dans ce sens le rôle des multimédias et les nouvelles technologies pour le développement du langage orale et écrite car elles offrent beaucoup d’opportunités pour s’exposer a toutes forme de langage comme les chansons, les poèmes, et les versets coranique les informations, documentaires …etc. Même les écoles coraniques dans les mosquées ou chez les associations et organisme de la société civile comme les crèches jouer un grand rôle dans le développement de la conscience phonologique.       

Le rôle de la conscience phonologique dans l’apprentissage de la lecture et l’écriture : 

La conscience métalinguistique dite conscience phonologique permet à l’enfant de découvrir le principe alphabétique ce qui lui permet d’apprendre la lecture d’une façon très adéquate. Car    les chercheurs affirment que les éléments essentiels qui intervienne dans l’apprentissage de la lecture sont les suivants  :[10]

« La syllabe : Une syllabe est la fusion de phonèmes qui découpent naturellement un mot lorsqu’on le prononce. Ex : cadeau = ca et deau

 La rime : est constituée de la voyelle et des phonèmes qui suivent.

 Le phonème : Un phonème constitue la plus petite unité sonore du langage oral. Si on observe la lettre, un phonème correspond au son de celle-ci. Ex : la lettre f correspond au phonème ffff (la manière dont elle chante).

 Le graphème : La transcription d’un phonème. Ex : on peut proposer les graphèmes o – au – eau pour le phonème [o]

 Les pseudo-mots : des mots qui ne veulent rien dire. Ex : fraditor ».

La conscience phonologique contribue à l’apprentissage de la lecture et l’écriture et prévient leurs difficultés d’apprentissage selon plusieurs études scientifique. Pour cela il est très indispensable de développer ses habilités à l’âge précoce.

Les raisons pédagogiques pour développer les habiletés de conscience phonologique chez les enfants sont comme suit selon Nicole Lauzon :

1-le dépistage des enfants qui présentent un risque de développer des problèmes d’apprentissage de la lecture (ceux qui peuvent notamment présenter des troubles comme la dyslexie)

2- la prévention des difficultés d’apprentissage auprès des enfants à risque grâce à une intervention précoce (les enfants déjà repérés en difficulté en maternelle)

3-  L’amélioration des performances en lecture et en écriture des lecteurs " normaux ‘

4- - L’amélioration des performances en lecture et en écriture des enfants en difficulté

5- la prévention des maintiens

6- L’amélioration de la compréhension en lecture.

7- L’amélioration de la mémoire verbale phonologique (ce type de mémoire est déficitaire chez les enfants ayant un trouble d’apprentissage)

8- L’amélioration de l’orthographe .[11]

La conscience morphologique 

Les types de conscience morphologique :

Selon les psycholinguistes il existe trois types de morphologies comme suit :

Morphologie dérivationnelle

« La morphologie dérivationnelle concerne la création de nouveaux mots à partir d'un mot de base, en ajoutant des affixes (préfixes et suffixes). Cela modifie l'identité sémantique du mot de base et peut changer sa classe grammaticale. Exemple : [fleur → fleurir) par Préfixe "re-" : refaire, revoir, recharger    Par Suffixe "-age" : lavage, brassage, pilotage. »  .[12]

Morphologie flexionnelle

Au contraire de la dérivationnelle, la morphologie flexionnelle ne modifie jamais la catégorie de la base à laquelle il s’ajoute. Il « concerne les flexions qui marquent le genre, le nombre ou le temps des verbes, situées à la droite de la base… Elle concerne aussi les relations entre les mots et ne modifie pas leur sens (Chapleau, 2013) in (Nathalie Marec-Breton, 2010). exemple : [le chat Masculin les chate féminin] [stylo singulier stylos pluriels ]….. etc

Morphologie syntaxique

« La morphologie syntaxique concerne l'étude de la structure interne des mots et de leurs règles de combinaison pour former des phrases. Elle s'intéresse à la façon dont les mots se combinent pour créer des syntagmes et des phrases. »   .[13] Exemple :  pour La flexion verbale [ Je chant-e, tu chant-es, il chant-e, nous chant-ons, vous chant-ez, ils chant-ent] . ibid.

Le développement de la conscience morphologique 

Le processus du développement de la conscience morphologique se fait généralement dans un contexte scolaire et officiel par des enseignants adulte bien qualifier pour enseigner et entrainer les élèves sur les activités qui contribues à l’apprentissage des compétences de la conscience morphologique d’une langue donnée.     

L’enfant développe ses compétences de conscience morphologique dés sa première enfance car selon les remarques de clark 1993, l’enfant francophone ou anglophone à l’âge de 3an commence à utiliser aisément certain morphèmes comme le suffixe « eur » pour former leur néologisme dans le mot [ chant – eur  et teach – er en anglais] .[14]  Elle prend sa fonctionnalité plus tardivement que la conscience phonologique. Selon St-Pierre5 (2016) ibid

A l’âge scolaire les connaissances et compétence morphologique se multiplie par les situations d’apprentissage. Car l’enfant s’expose souvent au langage écrit et orale ce qui lui permet d’identifier les morphèmes leurs sens et leurs régularités ou utilités dans les phrases. ibid

Ainsi l’entrainement par des exercices scolaire que subit l’enfant pendant les premières années de sa scolarisation lui permet de développer d’avantage la conscience morphologique et lui favorise l’apprentissage de habilités de la lecture et l’ecriture.  

Le rôle de la conscience phonologique dans l’apprentissage de la lecture et l’écriture

L’évolution significatif et progressive des compétences de la conscience morphologique joue un rôle stratégique pour l’apprentissages du vocabulaire, de l’orthographes et les compétences de base de la lecture.  Il est remarquable que la manipulation des morphèmes et phonèmes   d’une manière consciente et réfléchie favorise l’enfant à développer ses compétences en lecture et écriture. En l’occurrence, « la conscience morphologique, qui fait également partie de la conscience linguistique, permet à l’enfant d’attribuer un sens ou une signification à l’information linguistique qui circule autour de lui (Colé, Casalis, & Gombert, 2004; Demont & Gombert, 2004) »  .[15]

« Selon la chercheuse canadienne, Chapleau, qui a mis sur pied un programme de rééducation de l’orthographe chez des élèves dyslexiques par l’utilisation de la morphologie dérivationnelle, le travail sur la morphologie dérivationnelle est efficace pour augmenter la capacité de compréhension et l’orthographe (Chapleau, 2013). La conscience morphologique est bien située au carrefour du développement du vocabulaire, de la lecture et de l’orthographe » ibid.

Conclusion

L’apprentissage de la lecture et l’écriture  et un processus cognitif très complexe  et multidimensionnel , car  il implique les compétences phonologique et morphologique  qui se développent progressivement sous l’influence de plusieurs facteurs subjectifs tel que l’attention, la perception l’intelligence et les stratégies d’acquisitions et d’apprentissages utilisées et objectifs tel que les méthodes d’enseignements et d’apprentissage appliquer par les enseignants , les entrainement et les exercices d’application, ainsi les opportunités et les situations d’exposition au langage orale et écrit dans le contexte scolaire.

Pour cette raison il est nécessaire de travailler d’avantage les deux consciences phonologique et morphologiques dès la première enfance pour favoriser l’apprentissage de la lecture et l’écriture ainsi prévenir d’éventuels difficultés qui empêche les enfants à les apprendre convenablement.