Sous chapitre 3 : Les composantes de l’acte d’écriture

Les composantes de l’acte d’écriture

Les objectifs du cours

-  Connaitre les caractéristiques de l’écriture.

-  Comprendre le processus de l’acte d’écriture.

-  Utiliser les composants de l’écriture dans la description du processus du développement de l’écriture chez l’enfants scolarisé.

-  Extraire les facteurs qui influent sur le développement la compétence d’écriture.

-  Systématiser les étapes de l’acte d’écriture.

-  Evaluer le rôle des différents composant de l’écriture dans l’apprentissage de l’écriture.  

Introduction 

L’écriture est un moyen de communication a travers des signes (graphèmes), elle s’apprend à l’école après avoir acquis ou appris le langage oral. Elle se caractérise par sa possibilité de conserver les informations, les connaissance et l’historique plus longtemps. Le contraire de du langage orale. C’est pourquoi l’acte d’écriture dépend d’un processus interactif et progressif dans un climat d’apprentissage formel. Elle est influencée par des facteurs endogènes relative aux aspects cognitifs, la maturité sensori-motrice et autres, et exogènes telles les méthodes, les activités d’apprentissage et autres.

On traitera dans ce sous chapitre l’importance de l’apprentissage de l’écriture manuscrite, ses caractéristiques, son processus, les types d’écriture et les facteurs qui influence sur son apprentissage.

Définition de l’acte de l’écriture 

Il est défini comme suit :

« La graphomotricité est l’action motrice de la main qui permet de produire les unités graphiques que sont les lettres (Rouleau, 2016) » in  .[1]

L’acte d’écriture déclenche plusieurs organes et facultés cognitives et sensorimotrice.

  Dans ce contexte notre conception est basé sur l’acte d’écrire « manuscritement », qui veut dire « tracer des lettres sur une feuille de papier. Chaque lettre à sa morphologie. »  .[2]

Définition de l’acte de l’écriture 

L’importance de l’apprentissage de l’écriture manuscrite pour un enfant

L’apprentissage de l’écriture est indispensable dés son jeune âge, car elle lui permet de communiquer et de s’exprimer par des symboles linguistiques. Ainsi lui favorise le développement de plusieurs facultés cognitives, comme l’attention, la perception, la mémoire et même chaque acte d’écriture active le système nerveux et renforce les synapses neuronales.

-« L’apprentissage de l’écriture aide à coordonner les mouvements musculaires et favorise la dextérité, en particulier le contrôle moteur fin, la coordination des bras, des mains ou des doigts ».  Ainsi développe la motricité fine et la coordination main œil .[3]

Elle contribue à l’apprentissage de la lecture, et développe le système de codage et décodage.

Définition

Composant ; C’est les éléments (accessoires) qui constituent ou entre dans l’acte d’écriture.

Acte : C’est l’action, l’agissement visuomotrice de tracer des lettres sur une feuille.

les Caractéristiques de l’écriture 

Le langage écrit se caractérise par  :[4]

a-  L’absence du contact direct entre le scripteur est le destinataire.

b- L’organisation rigoureuse des signes graphiques (écriture lisible, orthographe, ponctuation, typographie) pour la lisibilité et l’expressivité du texte…

c-  Une production bien réfléchie, le scripteur prend tout son temps pour écrire des phrases et message bien réfléchie et rigoureux loin des situations d’urgence et du contact direct.

Attention

Il existe l’écriture manuscrite et l’écriture numérique avec un clavier et une sourie. Cette dernière nécessite des connaissances préalables du manuscrit, et des compétences langagières ainsi une maitrise des règles de combinaison, selon ses différentes structures, phonologique, morphologique, syntaxique et sémantique.  Ainsi écrire avec un clavier et plus facile qu’avec un stylo. Mais celle-ci se fera après l’acquisition des compétence manuscrites.

Le processus de l’acte de l’écriture

L’acte d’écriture se développe progressivement selon un processus développemental très remarquable aux étapes suivantes :

D’abord il est remarquable que l’acte d’écriture dépende à la fois du développement de la motricité fine et de la motricité globale, et que l’enfant ne peut pas écrire des lettres ou des mots avant la maturation de ses micros muscles ainsi la maturation perceptuelle et cognitive. Cependant, impérativement l’enfant passe par un processus complexe selon les étapes suivante selon le modèle de Giasson (2011) :

- Émergence de l’écrit : Cette étape nous renvoie vers les années de la première enfance avant l’apprentissage formel à l’école entre 0 à 6 ans. Selon Daviault (2011) les habilitées liés à l’émergence de l’écrit sont comme suit :

Âge de l’enfant

Habiletés

Entre 0 et 3 ans

  • Reconnait des livres selon leur couverture

  • Distingue écriture et illustration

  • Sait tourner une page

  • Écoute des histoires

Fait semblant de lire

Entre 3 et 4 ans

  • Reconnait des symboles imprimés, tels des logos (ex. : Lego)

  • Sait que les lettres ont un nom

  • Reconnait les rimes

Joue avec les sons du langage

Entre 4 et 5 ans

  • Reconnait et nomme des lettres de l’alphabet

  • Écrit son nom

  • Utilise une écriture inventée pour écrire ses messages

Est capable de segmenter les mots en syllabes

Tiré de Daviault (2011), p. 189 .[5]

Toute foi l’enfant a partir de 2 ans peut faire des gribouillages sur des feuilles ou autres espace. « À la maternelle, l’enfant contrôle de mieux en mieux les muscles de ses doigts et de son poignet. Il doit toutefois mettre beaucoup d’effort et d’attention pour tracer ses lettres. »  .[6]

Clarté cognitive : Il s’agit précisément, que l’enfant doit saisir les fonctions de l’écrit, les règles de la langue écrite, et la façon dont sont liés le langage oral et le langage écrit (Giasson, 2011)  .[5] On comprend que l’enfant apprend la logique de l’écriture dans un espace. « À titre d’exemple, comprendre que « l’écrit fonctionne de gauche à droite et de haut en bas ainsi que les lettres ont un sens et que leur orientation est importante » relève de la clarté cognitive (Morin, 2012, p. 30). Ibid.

- Conscience phonologique ; Selon Daviault (2011, p. 190), la conscience phonologique est « l’habileté à considérer les mots de la langue indépendamment de leur signification ». Autrement dit, l’enfant est en mesure de comprendre, par exemple, que les mots sont composés de phonèmes (sons) ou de graphèmes (lettres) (Charron, Bouchard et Bégin, 2011; Daviault, 2011; Giasson, 2011; Martinet et Rieben, 2015) ibid.

- Principe alphabétique : Ce principe veut dire que il s’agit de comprendre que les sons (phonèmes) sont reliés à des lettres (graphèmes) (Charron, Bouchard et Bégin, 2011; Giasson, 2011)ibid

Connaissance des lettres : Pour écrire l’enfant devrait comprendre le code alphabétique de sa langue. Dans ce cas, «  la connaissance des lettres implique de connaitre leur nom et leur son, ainsi que de faire la distinction entre les lettres majuscules et minuscules (Charron, Boudreau et Bouchard, 2016; Cormier, 2006) » ibid  

- Écriture :  Les habiletés concernées par l’acte d’écriture ne sont pas les mêmes pour l’acte de lire  car « L’écriture est une activité perceptivo motrice qui fait appel, notamment, à la motricité (fine et globale), à la coordination visuomotrice, aux fonctions exécutives (mémoire et attention, notamment) et aux habiletés langagières (acquisition de l’orthographe, par exemple) (Daviault, 2011; Lavoie, Morin et Labrecque, 2015; Rigal, Bouchard et Fréchette, 2011; Rigal, Abi Nader, Bolduc et Chevalier, 2009) ibid.

-  Tenue du crayon : Pour écrire efficacement, l’enfant doit tenir son crayon de façon adéquate, (Giasson, 2011; Rigal, Bouchard et Fréchette, 2011), Les situations de tenue du crayon sont multiples et se diffère d’un enfant à un autre. Voir exemple si dessous :

Exemple

Le processus de l’acte de l’écriture

Le processus de tenue du crayon selon Rigal et Al (2009) est défini dans le tableau si dessous :

Tableau 2 : Étapes de la maitrise de la tenue du crayon

Âge de l’enfant

Stades

Description

Service de garde

Prise palmaire

Saisie du haut du crayon, par la paume de la main, pouce vers le haut.

Maternelle

Prise tridigitale incomplète

Saisie du crayon entre les trois doigts (pouce-index-majeur), au milieu du crayon.

1re année

Prise tridigitale

Saisie du crayon entre les trois doigts (pouce-index-majeur), au bas du crayon.

Tiré de Rigal et al. (2009), p. 148-149

Exemple

Sur la bonne tenue du crayon pour écrire convenablement :

Le processus de l’acte de l’écriture

Attention

Ecrire, ce n’est plus dessiner, mais coder des sons en signes graphiques spécifiques. Comme le souligne Vygostki (1997), la traduction du langage oral en signes graphiques n’est pas le point de départ de l’apprentissage de l’écriture, mais est, en quelque sorte, son aboutissement .[7]

les composants de l’acte de l’écriture 

les composants de l’acte de l’écriture 

Il existe plusieurs paramètres des composants de l’écrit on peut citer les deux paramètres suivants :  

La première classification

Est basée sur les aspects linguistiques comme suit :

a- Les lettres : Graphèmes __comme_[ A,B,C,D,E,E ] ou [ا ب ت ث ج ح خ ]

b- Les mots : Morphèmes comme [ stylo _ cahier _ le _ eau ….] ou [قلم ـ كراس ـ كتاب ـ في ]

c- Les phrases : nominale ou verbale [جملة اسمية او فعلية]

d- Les paragraphes :  De quatre lignes ou plus contient un sens bien déterminer.

e- Et le style : Il y a cinq styles d’écriture littéraire il s’agit du genre narratif, du genre théâtral, du genre poétique, du genre argumentatif et du genre épistolaire .[8]

La deuxième classification

Est basée sur les aspects comportementaux comme sui  :[9]

1. La lisibilité qui concerne « la formation des lettres tel que (forme, trait d’entrée et sortie, fermeture/ouverture, majuscule/minuscule, sens de la lettre, lettres qui montent au-dessus ou descendent sous la ligne), l’alignement (quand les mots sont placés directement sur la ligne/entre les bons interlignes), L’espacement (quand chaque mot est bien séparé des autres et ne se confondent pas ET que les lettres à l’intérieur d’un même mot sont bien collées pour éviter les confusions entre les mots),ibid

2. Vitesse de l’écriture : « La vitesse d’écriture est le nombre de lettres écrites par minute. Au fur et à mesure que l’enfant progresse dans son niveau scolaire, celle-ci augmente ».ibid

3. Facteurs ergonomiques : « ceux-ci sont liés à la position du corps et à la motricité, et contient les aspects suivants ;

La posture à table (hauteur du bureau et de la chaise, stabilité et force du tronc pour rester droit)

La stabilité et la mobilité des bras (permet d’avoir une bonne dextérité pour manipuler le crayon)

La préhension du crayon (peut être atypique si difficulté à écrire et à travailler, si affecte la lisibilité et/ou la vitesse) » ibid.

Troisième classification

Le model modèle de Giasson (2011) :

Le concept de l’acte d’écriture recouvre cinq composantes : le langage oral, la clarté cognitive, la connaissance des lettres, la conscience phonologique et le principe alphabétique .[5] Ses composant sont considérées même comme des étapes d’apprentissage d’écriture, c’est ce qu’on va démontrer dans l’avant dernier axes ci dessus. 

- Le langage oral, l’enfant devrais maitriser le langage orale.

- La clarté cognitive, l’enfant devrait comprendre les concepts et les regèles de la langue écrite.

- La connaissance des lettres, L'enfant doit développer sa connaissance des lettres et de leur orientation.

- La conscience phonologique : L’enfant devrait comprendre qu’un mot et composé de phonème qui sera transcris en graphème.

- Le principe alphabétique. : C'est la compréhension par l'enfant du lien entre les lettres (graphèmes) et les sons (phonèmes) dans la langue écrite.

Exemple

Des langues écrite en images

les composants de l’acte de l’écriture 

Les facteurs qui influent sur le développement de la compétence d’écriture 

Le développement et la maitrise de la compétence d’écriture dépend de principaux facteurs à la foi ; endogènes et exogènes, c’es ce qui fait les différences individuelles entre les enfants : 

Facteurs endogènes 

Ses facteurs sont liés à l'enfant et ses caractéristiques individuel, tel que :

·  Maturation développementale des organes qui interviennent dans l’acte d’écriture (La main et les doigts, Les yeux, Le bras et l'avant-bras, Le système nerveux les articulations,) .[10]

·  La coordination complexe visuomotrice avec les différents organes.

·  Les fonction cognitives (attention, perception, mémoire et stratégies de pensées. Ainsi les fonctions exécutives.

Facteurs exogènes

Concerne les conditions environnementaux (familiaux et scolaire) dont les opportunités de manipuler les crayons stylos précocement et quotidiennement à la maison ou ailleurs, les moyens didactiques (tables, papiers, coloriages,), l’encouragement et l’accompagnement pour l’écriture …..

L’entrainement et la pratique régulière

de l’écriture tout au longue de la vie scolaire .[1] , par des programmes spécialisés, des exercices et différente activité liées à l’apprentissage de l’écriture. 

Conclusion

Nous constatons que l’écriture chez l’enfant est très indispensable pour le développement de sa personnalité sur tous les paramètres, physiologique, sensorimotrice neurologique, cognitif, linguistique et psychosociale. Car écrire, pour un enfant c’est communiquer, exprimer et donner un sens à son existence. Ecrire suppose pour l'enfant de pouvoir laisser une trace qui sera vue et regardée par un autre. Ainsi elle lui permet de s’exprimer de son soi comme il veut, divulgué ses idées librement et déchargé ses impulsions sans aucune contrainte liée a la présence des autres. 

C’est pourquoi il est indispensable de provoquer les aptitudes d’écriture chez l’enfant dès sa première enfance en lui exposant à toutes les situations qui l’incite à écouter à lire à écrire. Surtout lui donner les chances de manipuler les livres, cahiers, coloriages, crayons stylos et autres pour ben se familiarisé avec l’environnement de lecture et d’écriture.

C’est parce que cette compétence se développe progressivement et lentement sous l’influence de plusieurs facteurs et liées aux acquis linguistiques de la langue maternelle et surtout aux compétences métalinguistiques tel que la conscience phonologique et la conscience morphologique, il est nécessaire de travailler ses capacités développementales dès la maternité sous plusieurs formes pédagogique.