La résilience de Rutter
Définitions
La résilience est un ensemble de processus consistant à gérer, négocier et s'adapter à des situations stressantes ou traumatisantes. Les atouts et les ressources de l'individu et de son environnement facilitent cette capacité à s'ajuster face à l'adversité et à rebondir ; la résilience peut varier au cours de la vie (Windle, 2010).
La résilience serait un ensemble de ressources personnelles (confiance en soi, contrôle perçu, autonomie, maturité, flexibilité) et/ou contextuelles (liens sociaux privilégiés, valeurs acquises, responsabilités assumées). Certains auteurs considèrent la résilience comme un processus d'ajustement (Disgion et Connell, 2006 ; Luthar et al., 2006) : élaborer des réponses positives (humour, sourires) face à l'adversité réduirait significativement son impact stressant (Conway, Tugade, Catalino et Frederickson, 2011). La résilience est parfois définie comme l'ensemble des facteurs protégeant contre ce qui est nocif et facilitant le développement du bien-être et de la santé (Rutter, 2008 ; Ungan, 2008 ; Zautra, Hall et Murray, 2010).
Les mesures
La définition de la résilience par Windle (2010) inclut à la fois des ressources sociales (soutien reçu), des dispositions individuelles (personnalité), des processus transactionnels (capacité à évaluer la situation comme maitrisable, à s'y ajuster, à solliciter et recevoir du soutien) et certaines issues. Les échelles existantes évaluent surtout les ressources antérieures et actuelles des individus et il n'existe pas pour l'instant d'instant d'instrument évaluant l'ensemble des mécanismes permettant l'ajustement réussi à l'adversité. Les outils disponibles ne correspondent qu'à une définition partielle du concept de résilience et ne conviennent pas à toutes les populations.
D'après la revue méthodologique de Windle, Bennett et Noyes (2011), il existerait dix-neuf échelles de résilience publiées en langue anglaise (dont quatre sont des améliorations de versions originales). L'auteur évalue ces outils selon leurs qualités psychométrique et théoriques. Les meilleurs sont pour lui la résilience scale à trente-sept items (RS) de Wagnild (2009), la Brief Résilience Scale (BRS) de Smith et al. (2008) et la Cannor-Davidson Resilience Scale à vingt-cinq items (CD-RISC) de Cannor et Davidson 2003).
La résilience psychologique et la robustesse psychique (hardiness)
Bien que souvent confondus, la résilience et la robustesse psychique sont deux concepts distincts mais complémentaires. La résilience est le processus dynamique qui permet à un individu de rebondir, de se développer et de souvent grandir après avoir traversé une adversité majeure, comme un diagnostic de maladie grave. Elle n'est pas un trait inné, mais se construit grâce à des facteurs de protection internes (estime de soi, flexibilité cognitive) et externes (soutien social de qualité, environnement stable).
La robustesse psychique (Hardiness), conceptualisée par Suzanne Kobasa, est quant à elle un trait de personnalité qui agit comme un facteur de résistance au stress.
Elle repose sur trois croyances fondamental, les ‘'3 croyances''
1.le control (croyance que l'on peut influencer les événements),
2. l'engagement (tendance à s'impliquer dans la vie et à trouver du sens dans ses activités)
3. Déni (perception du changement comme une opportunité de croissance plutôt que comme une menace)
Une personne robuste (hardy) perçoit une situation de stress comme plus géable et mobilise plus efficacement ses ressources pour y faire face, réduisant ainsi l'impact négatif du stress sur sa santé physique et mental.