1. Définition de la criminologie
Discipline empruntant à la sociologie, à la biologie, à la médecine, singulièrement à la psychiatrie, et au droit, qui analyse le crime au sens large, c'est-à-dire l'acte prohibé par une loi sociale.
Globalement, elle étudie le criminel et sa victime. Elle s'arrête sur les facteurs criminogènes, sociaux, psychologiques et biologiques. S'en détachent de nombreuses sous spécialités comme la crimino-dynamique, qui recherche les facteurs profonds et immédiats conduisant à l'infraction, ou la victimologie, qui prend actuellement une place prépondérante.
2. La criminalistique
Encore appelée police scientifique est une science distincte de la criminologie. Tandis que la seconde se pratique surtout dans des cabinets d’étude, la première s’exerce en laboratoire. Elle regroupe plusieurs disciplines scientifiques (médecine légale, toxicologie, police scientifique, police technique, anthropométrie et dactyloscopie); elle étudie par des voies scientifiques les indices et les traces des infractions et des crimes. Aussi son objet est essentiellement la recherche des infractions, la constatation matérielle des infractions et des crimes dans les laboratoires de police scientifique et de médecine légale et l’identification des infracteurs et des criminels. La criminalistique informatique s’attache pour sa part à établir la preuve du crime informatique et à trouver l’identité des auteurs.
2.1. La police technique et scientifique
Elle fait des travaux d’analyse en laboratoire. Il participe à l’identification d’auteurs d’infractions et apporte des éléments pour faire progresser des enquêtes, notamment dans les recherches criminelles.
2.2. Description du métier
A la police technique et scientifique, ils travaillent selon la spécialité ; on peut distinguer les spécialités suivantes :
3. Les indices et les traces biologiques
Sur une scène de crime, les experts cherchent principalement les indices portant l’information génétique du potentiel suspect.
Si les indices biologiques sont exploitables depuis un peu plus d’un siècle à l’aide de méthodes essentiellement microscopiques, biochimiques et immunologiques, c’est beaucoup plus récemment qu’ils ont été mis à profit pour établir le profil génétique (empreinte génétique), une méthode particulièrement précise d’identification issue des progrès de la biologie moléculaire.
L'information génétique d'un individu est unique car aucun autre membre de l'espèce ne possède la même combinaison de gènes codés dans l’ADN.
L'ADN est extrait des cellules laissées par le criminel sur les lieux du crime qui peuvent être des taches de sang, de sperme, des cellules buccales déposées par de la salive, des cheveux. Nous allons donc nous en premier lieu intéresser à ces différents indices relevant de l’organisme contenant l’ADN si précieux pour les enquêteurs.
3.1. Le sang
Le sang est l'un des éléments souvent présents sur une scène de crime. Les traces de sang peuvent constituer des indices tout à fait intéressants pour la compréhension des évènements qui se sont déroulés sur la scène de crime.Le sang apporte le plus d'éléments utiles à l'enquête. Il porte en effet l'ADN, pouvant appartenir au criminel ou à sa victime, mais les projections de sang confèrent aussi aux enquêteurs un moyen de reconstituer l'enchaînement des évènements de violence. Quand aucune trace de sang n’est visible, il est possible d’utiliser des produits chimiques afin de créer une luminescence en présence de résidus de sang.Au laboratoire, l’ADN n’est pas extrait à partir des globules rouges qui sont des cellules anucléés mais à partir des globules blancs présents en grande quantité dans le sang.
3.2. La salive
La salive est le liquide biologique le plus couramment utilisé. Outre les traces relevées sur les mégots, enveloppes, chewing-gum, goulots, brosses à dents, verres, aliments, la salive est surtout le support choisi par tous les services de police pour établir le profil ADN d’un suspect. La salive d’un individu sera prélevée à partir d’un kit de prélèvement nommé kit FTA (Fast Technology for Analysis). L’avantage de la salive est aussi qu’elle peut facilement se transférer lorsqu’un individu parle et ainsi se retrouver sur des supports placés devant la bouche (téléphone, vêtements, micro….)
La recherche des traces de salive s'effectue par des tests chimiques. En effet, elle ne peut pas être détectée à l'aide d'une lampe UV car elle n'est pas fluorescente.
On cherche à détecter la présence de la substance la plus spécifique de la salive dont on dispose actuellement : l'amylase. Le test le plus utilisé est le test Phadebas, qui permet de détecter la présence de salive quel que soit le type de tissu ou de matériel sur lequel elle se trouve.
3.3. Les éléments pileux
Les cheveux et les poils ne donnent pas toujours de bons résultats. En effet, pour obtenir un profil ADN exploitable, les éléments pileux doivent absolument posséder un bulbe. Dans le cas contraire, seul l’ADN mitochondrial pourra être extrait. Une grande partie des cheveux et poils retrouvés sur une scène de crime sont les tiges qui se sont détachées naturellement du corps et qui ne possèdent plus leur racine et donc plus de bulbe. Ces tiges ne serviront donc qu’à établir un ADN mitochondrial dans les affaires les plus grave
3.4. Le sperme
Le sperme est un fluide organique expulsé du corps lors de l'éjaculation, contenant les spermatozoïdes sécrétés par les organes sexuels mâles. Comme pour le sang, le premier examen doit être visuel. Dans le cas ou aucune trace n’est visible, le technicien de scène de crime peut utiliser une des propriétés du sperme qui est sa luminescence. Un éclairage d’excitation de faible longueur d’onde, permet d’obtenir une fluorescence renforcée. Cette luminescence est due à la conversion de substances biologiques en substances luminescentes ou à la croissance de bactéries luminescentes. Si ces premiers tests ne permettent pas de détecter la présence de sperme, le dernier recours est l’utilisation de produits chimiques vaporisés à l’aide de sprays et destinés à obtenir une réaction luminescente.
3.5. Les empreintes digitales
L’étude des empreintes digitales ou dactyloscopie est longtemps restée le moyen privilégié d’identification des personnes et reste encore très utilisée. Les empreintes digitales ou dermatoglyphes sont formées par des crêtes de la peau présentes exclusivement à la face palmaire des mains et des pieds.
3.6. Autres traces biologiques
D’autres traces biologiques sont des sources potentielles d’ADN mais avec des chances de réussite très variables, comme : urine, excréments, os, ongles, pellicules,...
conclusion
la criminalistique, à travers la police scientifique, a révolutionné la manière dont les crimes sont résolus. Grâce à l’avancée des technologies, nous sommes capables aujourd'hui de reconstituer avec précision les événements à partir des traces laissées sur les lieux du crime.
Que ce soit par l'analyse de l'ADN, la dactyloscopie ou encore l'utilisation de techniques chimiques avancées, chaque discipline de la criminalistique joue un rôle crucial dans l'identification des coupables et la recherche de la vérité.